Education à l’information, une rencontre riche d’enseignements à Chambéry

Attention soutenue, questions, réponses, intensité des échanges ont montré le bien fondé de la rencontre sur la problématique de l’éducation à l’information. Organisée à Chambéry le 18 octobre 2018 par le club de la presse des pays de Savoie, avec l’appui du service politique de la ville et innovation sociale du Grand Chambéry, elle a permis aux représentants de différentes structures départementales, communales, sociales, culturelles, éducatives, associatives de mieux connaître, parfois même de découvrir, des initiatives déjà lancées en la matière et les ressources pouvant être mises à disposition pour de futures actions.

Louise Bartlett avait été invitée à animer cette rencontre en sa qualité de journaliste attachée à la plateforme internet Média Education crée en 2015 pour favoriser la mise en relation entre journalistes et acteurs potentiels de l’éducation à l’information, « l’idée étant de mettre à disposition les compétences et le partage d’expériences », formule reprise à plusieurs reprises pour souligner l’importance de « constituer des équipes plurielles ».

Elle a présenté différentes possibilités de financement d’Etat pour l’éducation à l’information. Notamment par les directions régionales de l’action culturelles ( Drac) qui, depuis 2016, peuvent soutenir des projets, au plus près des territoires : actions d’éducation aux médias, résidences de journalistes, formations pour les intervenants et ressources, dédiées aussi bien aux jeunes, qu’aux éducateurs, aux acteurs culturels ou aux parents. « Il y a de l’argent débloqué en ce moment sur cette problématique de l’éducation à l’information » a-t-elle indiqué en évoquant aussi un plan lancé par le ministère de la Culture avec les bibliothèques, des actions soutenues par la Protection judiciaire de la jeunesse (Pjj) ou celles menées par les agences régionales de la santé (ARS) relatives, par exemple, à un bon usage des écrans.

Pas besoin d’inventer l’eau chaude

Plus concrètement différents acteurs savoyards ont ensuite présenté leurs initiatives comme les pays de Savoie Solidaire ou la Fédération des œuvres laïques (Fol) qui ont mis au point, différents jeux et boîte à outil, disponibles sur contact. Les bibliothèques sont également très sensibilisées et peuvent être des partenaires sur ce sujet. Egalement écoutée avec intérêt la présentation des actions menées en milieu scolaire par le centre de liaison et d’enseignement sur les médias (Clemi) et le réseau de création et d’accompagnement pédagogiques (Canopée) . Dans l’académie de Grenoble, la mise en place d’Emisphére, dont l’un des objectifs est de mettre en place un média dans chaque établissement scolaire, ouvre aussi des possibilités d’actions hors milieu scolaire.

Parmi différents moyens de favoriser une bonne appréhension de l’information figure l’importance d’aiguiser son esprit critique et cela dès le plus jeune âge. Devant un dessin animé par exemple ont expliqué des infirmières en charge de la prévention contre la « sur-présence » des écrans. Des outils existent donc, à disposition de qui le souhaite, comme le module d’intervention présenté très efficacement par Savoie Info Jeunesse. Ou bien encore le Dauphiné Libéré des enfants conçu pour et avec les enfants et actuellement distribué dans tout le réseau scolaire de l’académie de Grenoble et donc en Savoie.

L’affaire de tous, journalistes compris

La « co-construction » d’un reportage, d’un média, voire d’une fausse nouvelle favorise aussi une meilleure perception de ce qu’est une véritable information comme l’a expliqué un journaliste intervenu à plusieurs reprises dans des écoles en insistant sur l’importance d’un travail en équipe avec les enseignants, éducateurs ou autres intervenants auprès des jeunes. C’est aussi ce qui ressort des initiatives engagées au sein de l’école de la deuxième chance.

Les approches du sujet sont multiples comme on a pu le constater à Saint Baldoph où un policier municipal soucieux de permettre aux enfants d’avoir un usage vigilant de la circulation sur internet leur a fait utiliser, en temps périscolaire, «  le permis internet pour les enfants », un programme national de prévention à l’attention des enfants de CM2, entrée en matière également utile pour l’éducation à l’information. Ont cependant été également évoqués le sentiment de solitude de nombres d’élus face à ce phénomène de désinformation et le souhait d’être davantage impliqués sur le terrain à travers des interventions concrètes.

Comme on a pu le constater l’éducation à l’information n’est pas l’apanage de quelques uns mais est bien l’affaire de tous. Il y a des acteurs, il y a des ressources, reste maintenant à s’organiser pour favoriser la mise en place d’initiatives.

Parmi ces acteurs, les journalistes dont on peut supposer qu’ils se préoccupent de la façon dont sont reçues les informations qu’ils transmettent. Cela implique de répondre aux attentes des publics auxquels ils s’adressent en terme de qualité et du coup d’être également attentif à la façon dont ces informations sont reçues et perçues à une époque où les technologies numériques et l’emprise grandissante de la communication viennent brouiller les messages.

Une réalité qui induit d’accorder une plus grande attention à la nécessité de permettre à chacun de déjouer tout ce qui pourrait empêcher d’avoir accès à des informations fiables et utiles. Les journalistes ont un rôle à jouer en la matière et il y a différents moyens de le faire. Pour celles et ceux que la pédagogie ne rebute pas, la participation à des opérations d’éducation à l’information peut en être un.

Quelques ressources utiles :

www.mediaeducation.fr

www.reseau-canope.fr/academie-de-grenoble/atelier-canope-73-chambery.html

d-clicsnumeriques.org

 http://www.ac-grenoble.fr/dane/?p=2554

www.clemi.fr

paysdesavoiesolidaires.org

www.web-quartier.fr/connectons-nous/

https://permisinternet.fr/

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